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Le phénomène Flammes Jumelles fait de plus en plus parler de lui. Ce qui est décrit de ce parcours peut aider, autant qu'il peut enfermer. C'est pourquoi j'ai eu envie de mettre mon grain de sel de psy pour offrir ce que j'aurais aimé trouver, pour décortiquer tout cela et aider à avancer vers un mieux-être, individuel et (peut-être) conjugal. Un pont entre le psy et l'énergétique qui pourra, finalement, profiter à tous ceux qui se sentent mal dans leur couple, qu'ils se reconnaissent dans les Flammes Jumelles ou pas. Du moins c'est ce que je leur souhaite de tout coeur.

Flamme jumelle ou pervers narcissique : comment ne pas confondre ?

Flamme jumelle ou pervers narcissique : comment ne pas confondre ?

 

Chez ces couples particuliers, c’est une réflexion qui arrive très souvent à un moment ou à un autre. Par l’entourage, quand il a connaissance de ce qui se vit entre les conjoints, ou chez les jumeaux (même s’il faut bien avouer que cela arrive plus souvent dans la tête des chasers, puisqu’ils décortiquent 24/24 leur relation et leur Autre).



Certains diront que « Non on reconnaît très bien quand c’est une relation de flammes jumelles, c’est impossible de les confondre ». Moi j’aurais envie de vous répondre qu’au vu de ces nombreux questionnements, sur les réseaux sociaux notamment, ça ne semble pas si clair. Et que, au final, ce n’est pas tellement le plus important dans cette histoire.



Pour mieux comprendre, je vous propose de repartir à l’origine de cette appellation de « pervers narcissique ». Elle est assez récente (1986), a été décriée depuis, et elle est en plus devenue très à la mode, ce qui désole les spécialistes de la question.


Malheureusement, il y a des modes (il y a 20 ans, on parlait des « enfants caractériels », dès qu’ils remuaient un peu trop, c’est devenu « les hyperactifs », aujourd’hui on colle du « haut potentiel » à tout va, et du « pervers narcissique » dès qu’une personne fait du mal et/ou semble vouloir manipuler.


Bref les étiquettes on toujours plu, elles sont de ce fait parfois utilisées trop rapidement et sans réel fondement. Ce qui peut être plutôt cool, parce qu’elles sécurisent ceux qui les utilisent. Et dans ces cas, ce peut être réellement salvateur. Mais elles enferment aussi. Et quand ça enferme l’autre, qui plus est négativement, ce n’est pas top top.



En réalité, le « pervers narcissique », tel qu’on le décrit habituellement fait référence à une pathologie psychiatrique extrêmement rare, classée dans les troubles de la personnalité dans le manuel de référence (le DSM). Mais il n’y est pas mentionné sous cette appellation : la perversion narcissique n’a jamais été officiellement reconnue. D’ailleurs, son « découvreur », Racanier, explicitera, suite à ses premiers écrits, qu’il s’agit non pas de « la personnalité » mais d’un « mouvement » pervers narcissique. Il ne s’agit donc pas de son identité. Il n’EST pas pervers narcissique, mais AGIT de cette façon, à un moment donné.



Le trouble psychiatrique signifierait que notre Autre a toujours agi et agira toujours de cette manière, avec tout le monde, parce qu’il est malade et que son fonctionnement psychique est celui-là.

Or si on y réfléchit bien, ce n’est pas le cas. D’ailleurs, souvent, nous-mêmes nous ne reconnaissons pas : la relation, si forte, nous fait faire, dire, vivre des choses fortes. Positivement comme négativement.



Une patiente m’expliquait : « Je n’avais jamais ressenti de tels sentiments pour un homme auparavant, même avec mon ex mari et père de mes enfants. Par contre je n’ai jamais eu aussi mal non plus ».

J’ai aussi déjà entendu « c’est cel
le que j’aime le plus au monde qui me fait aussi le plus souffrir. »

 

Ou même « J’en suis arrivé à me demander s’il n’était pas une sorte d’incarnation du diable »



Selon les polarités, on va avoir des lectures différentes :

Comme souvent, ce sont souvent les chasers qui vont se poser la question de la perversion narcissique. Ils vont finir par se dire que leur Autre les a manipulés pour qu’ils y soient attachés à ce point, et qu’ensuite, quand ils sont bien accrochés dans leurs filets, ils peuvent leur faire du mal, parce que ça leur apporte une certaine jouissance .

Les runners, eux, se sentent sans cesse observés, contrôlés et interprètent que c’est pour les manipuler, pour obtenir tout ce qu’ils veulent. Les chasers s’en défendent « ils sont droits, clean, ils tentent de l’expliquer, de dire les choses clairement... », mais tout ce verbiage va être pris comme une nouvelle tentative de les embrouiller, les manipuler.


 

Vous voulez un scoop ?

Effectivement, votre Autre vous manipule.
Et donc vous aussi vous manipulez votre Autre.


C’est humain, habituel. Cela ne fait pas de vous des monstres.
Derrière la communication (qui se fait par les mots mais aussi par les actes, voire par les silences), il y a la plupart du temps une intention. Vous souhaitez amener l’autre quelque part.

Et quand on a en soi des blessures, notre intention, consciente ou non, peut être de combler nos manques, panser nos plaies, et simplement se sentir aimé.

 

Malheureusement, dans les relations où les miroirs grossissent nos blessures, cela peut donner des communications très violentes. Parce qu’on est encore plus blessé, donc on va réagir encore plus.
Dans ces cas, inutiles de se demander « qui a commencé », la réponse est impossible à trouver tout autant qu’inutile.

 


Mais dans ce cas, que faut-il faire ?



Tout d’abord, j’ai envie de dire que cela vaut pour les couples de Flammes jumelles, mais aussi pour tout couple en souffrance.



La première chose à faire est de modifier sa perception. Vous verrez il est très aidant de voir notre Autre non plus comme un bourreau, mais comme un animal blessé qui attaque autant qu’il souffre. Cela permet de ne pas stigmatiser votre Autre ni la relation. Cela vous aide aussi à sortir de l’ego, ce qui permet d’accéder au pardon (à l’Autre et à surtout à soi-même, étape nécessaire, je pense, à la reconstruction, j’y reviendrai dans un autre post.)



La seconde, indispensable également, sera de vous centrer sur vous. La blessure de votre Autre est la blessure de votre Autre, vous n’y pouvez pas grand-chose.


Alors, occupez-vous de la vôtre :
- Entamez un travail pour mieux vous comprendre, voire vous connaître.
- Sortez de cette dépendance en trouvant en vous comment combler ces manques et panser ces plaies.
- Définissez et respectez vos limites : flammes jumelles ou pas, vous n’avez pas à supporter l’insupportable !!! Pour faire évoluer un couple, il faut être deux. Vous avez entamé le travail, bravo, mais vous ne sauverez pas l’autre malgré lui.
En sachant clairement ce qui est acceptable ou non pour vous, vous pourrez le communiquer à l’autre, et prendre les décisions nécessaires si l’issue aux comportements maltraitants ne semble pas possible.

Pour vous aider, vous pouvez vous écrire une lettre où vous définissez ces limites. Relisez-la parfois, quand il vous semble que ça dérape, que c’est difficile. Ce qui est écrit reste, vous engage de manière différente envers vous-mêmes. Sans cela, le risque de les faire reculer peu à peu est très (trop) grand.



En parler peut aider, mais choisissez bien vos interlocuteurs. Certaines flammes jumelles peuvent vous inciter à vivre des douleurs « parce que ça fait partie du parcours », que « la relation est sacrée » ou autres inepties. Certains proches ne verront que le côté négatif et vous inciterons à partir, ou dénigrerons votre autre ce qui risque de vous bloquer encore plus.
Un professionnel, ou un ami que vous savez ne pas être dans le jugement. Parfois simplement expliquer la situation, la mettre en mot, la « sortir de soi » aide à avoir un regard différent, presque extérieur sur ce que l’on vit.

 

 

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